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Bon, si vous regardez les notes précédentes sur le présent blog, vous remarquerez qu'il y a un trou entre le mois de novembre dernier et ce mois d'août. Ce n'est pas que je sois parti en séminaire monacal sur les monts tibétains pendant six mois, non la cause est plus bassement matérielle : mon hébergeur a perdu mes données sur cette période ! Et je ne suis pas seul dans ce cas. Mes amis elveen et Pierig sont également dans ce cas. La réaction est immédiate : la migration vers d'autres cieux blogguesques. Le Spookyland n'est plus, après 2 ans de bons et loyaux services, place à Spooky aux pieds velus", sur over-Blog (d'où mon jeu de mots dans le titre). Je vous y attends !
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HP5

Harry Potter et l’ordre du Phénix Au seuil de sa cinquième année à l’Ecole des sorciers, Harry se pose beaucoup de questions. En effet l’été a été très long, d’autant plus que ses amis Ron et Hermione n’ont donné aucun signe de vie. Et puis, au cours d’une de ses fréquentes disputes avec son cousin Dudley, harry est agressé par deux Détraqueurs, ces effrayantes créatures mangeuses d’âmes. Pour se défendre et défendre son cousin, Harry est obligé d’utiliser la magie, ce qui lui vaut d’être jugé par le tribunal des sorciers, puis acquitté grâce à l’intervention de Dumbledore, le directeur de l’Ecole. Mais le grand péril vient de Poudlard ; en effet Dolorès Ombrage, fonctionnaire du Ministère de la magie, est nommée parmi les enseignants. Elle n’aura de cesse de « casser » l’objectif pédagogique, et de pousser Albus Dumbledore vers la sortie.  Dans ce nouveau film adapté des romans de JK Rowling, de nombreux nouveaux personnages apparaissent. Mme Ombrage donc, mais aussi Luna Lovegood, une élève jusqu’alors laissée dans l’ombre, ou encore Graup, le frère d’Hagrid. Le roman original est très riche, et comme d’habitude le scénariste et le réalisateur sont obligés d’opérer des coupes sombres. Ici David Yates (réalisateur de plusieurs séries et téléfilms à la télévision britannique) et Michael Goldenberg succèdent à Mike Newell et Steve Kloves, qui avaient fait de l’excellent travail sur Harry Potter et la Coupe de feu, un film d’une ampleur et d’une force toujours inégalées sur la série. Je dis toujours inégalées parce que cet Harry Potter et l’Ordre du Phénix est quand même un peu décevant.  Comme je l’ai dit, une partie du bouquin est laissée de côté. Exit donc le tournoi annuel de Quidditch, par exemple. Quid par exemple de l’ordre du phénix du titre ? Pourquoi ne pas avoir plus développé le personnage de Luna, celui de Fudge ? Mais en plus de ça le montage est ultra-serré, ce qui nous vaut des « sauts » un peu abrupts entre la plupart des scènes, même si le métrage fait tout de même 2h20. et pour couronner le tout, la direction d’acteurs laisse à désirer. Alors que des vieux briscards comme Michael Gambon (Dumbledore), Alan Rickman (Rogue), Gary Oldman (Black) ou encore Ralph Fiennes (Voldemort) assurent, les jeunes acteurs semblent faire du surplace alors que les précédents volets les avaient vus faire de gros progrès. A la limite, c’est la nouvelle venue Evanna Lynch (Luna Lovegood) qui se montre intéressante dans son rôle d’apprentie sorcière un chouia timbrée. Vous allez dire que je chipote, parce que l’ensemble du film est tout de même de haute tenue. La magie opère dans les grands moments (l’arrivée à Poudlard, le banquet de rentrée&hellip et l’histoire comporte à la fin une scène de bataille entre sorciers plutôt bien menée. Les effets spéciaux sont impeccables, les costumes et la musique aussi…  Les seuls défauts viendraient donc de la narration et de la direction d’acteurs. Ce qui ne place pas le sixième épisode sous les meilleurs auspices, puisque David Yates est annoncé comme rempilant à la mise en scène, avec Naomi Watts dans le rôle de la mère de Draco Malefoy.
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n°27 en ligne
Hop ! Voici la dernière livraison de votre fanzine moisi. C'est un spécial BD, qui comporte essentiellement des interviews d'acteurs du 9ème Art. Les habitués du présent blog et du site BDThèque.com n'apprendront pas grand-chose de neuf, puisque ces entretiens y ont pour la plupart été publiés. Mais ce numéro inaugure la nouvelle formule d'Ansible, qui se veut mensuelle, et donc plus compacte. Cette livraison fait tout de même plus de 3 Mo. N'hésitez pas à réagir, à proposer des contributions ! Je mettrai le lien ce soir ou demain, un petit souci technique m'empêche de vous livrer le numéro entier. Bonne lecture !
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Petite Fille Brillante
Hier soir je suis allé voir un film qui bénéficie d'un des meilleurs buzz du moment : Little Miss Sunshine. Eh bien je n'ai pas été déçu !  Le film suit une trame très linéaire : c'est celle de la famille Hoover, une famille médiocre où chaque membre ou presque souffre de névrose : le père, Richard (Greg Kinnear, excellent), est un sociologue qui a inventé une théorie fumeuse en 9 points pour devenir un gagnant. Le grand-père paternel (Alan Arkin, vu dans Edward aux mains d'argent) est un vieillard pervers et héroïnomane complètement déjanté ; l'oncle (Steve Carell, vu dans Bruce tout-puissant et euh... 40 ans, toujours puceau) est un homosexuel éconduit spécialiste de Proust ; le fils, Dwayne (Paul Dano), est un ado adepte de la fuck attitude, qui ne parle plus depuis des mois, jusqu'à ce qu'il soit inscrit dans une école pour apprendre à piloter. Sans oublier la mère, Sheryl (Toni Collette, vue et approuvée dans Muriel, Sixième sens et The Hours), qui n'a, elle aucun signe particulier, sinon d'essayer de recoller tout le monde. Tout ce petit monde, qui gravite autour d'Olive (Abigail Breslin, craquante à souhait), petite fille rondelette à lunettes. Le film commence au moment où Olive, qui adore regarder les concours de Miss America à la télé, apprend qu'elle est sélectionnée pour participer au concours de Little Miss Sunshine, en Californie. La famille ne pouvant se désunir, les voilà tous les 6 entassés dans une vieille camionnette Volkswagen pour le week-end. L'essentiel du film est donc un road-movie/huis clos où l'on suit les 6 membres de la famille Hoover, tous unis pour qu'Olive réalise son rêve, participer à ce concours. Leur parcours est semé d'embûches : camionnette récalcitrante, papy érotomane, révélations pour Dwayne, explications des uns et des autres... Ca aurait pu être mièvre, mais non, c'est d'une fraîcheur absolument déconcertante. Ca aurait pu être ennuyeux, mais non, on se marre presque toujours, y compris lorsque le scénario amène nos protagonistes aux confins du glauque. Ca aurait pu être outré, mais non, cela reste tout à fait crédible, les comédiens sont tous excellents et justes. Le film repose sur leur interaction à tous les 6, et ça marche à merveille. Il faut dire que Greg Kinnear et Toni Collette sont des acteurs d'exception, et qu'ils emmènent leurs camarades dans leur sillage. Bravo donc aux deux réalisateurs : Jonathan Dayton et Valerie Faris, pour ce petit bijou. Je n'aurai qu'une phrase pour résumer le film : allez voir Little Miss Sunshine !
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Interview de Sokal
Hop, aujourd'hui nouvelle interview ! Il s'agit de Benoît Sokal, auteur de plusieurs BD chez Casterman, dont Canardo. Avec Alix, webmaster de BDThèque, nous nous sommes rendus compte que nous étions tous les deux fans des jeux video qu'il a réalisé, L'Amerzone, Syberia et Syberia 2 (ce dernier fera probablement l'objet d'une future note). On a eu envie d'en discuter un peu avec l'auteur... 
Vous avez commencé votre carrière d’auteur de bande dessinée avec un évènement important dans le secteur, la création du magazine (A SUIVRE), en 1978… Canardo est né à cette époque. Comment vous est venue l’idée de ce personnage pourtant déjà vu dans des films des années 1950 ?? Justement de films noirs des années 50… l’époque était aussi celle de la découverte ou re-découverte de romans noirs américains, Chandler, Hammett. La dimension « animalière » m’a semblé naturelle, c’est le cas de la dire. Et puis, en commençant à dessiner, cela s’est imposé. Je ne pensais pas forcément que Canardo allait vivre si longtemps.
Curieusement, la série Canardo est centrée sur la psychologie de ses personnages, alors que vos jeux vidéo font la part belle aux décors, à l’imagination, même si le personnage de Kate Walker est intéressant en lui-même… Le cynisme de votre canard détective détonne par rapport au message d’espoir contenu dans Syberia 2… Mon dernier jeu, Paradise, est à nouveau assez sombre. J’oscille en permanence entre ces deux tentations, celle de l’espoir et celle de la noirceur.

Vous dites que votre maître à penser est Hugo Pratt… De lui, vous semblez avoir hérité le goût des grands espaces, du dépaysement, mais aussi une vocation à raconter de belles histoires… Quelles autres influences revendiquez-vous ? Beaucoup d’influences « classiques ». Les romanciers américains en littérature, et plus particulièrement Hemingway. Werner Herzog au cinéma. Mais de manière générale, je me nourris beaucoup du quotidien. Je peux intégrer une partie d’une série TV « à la mode » dans mon imaginaire, et le retranscrire sous une forme différente quelques années plus tard. Je ne me souviendrais d’ailleurs plus nécessairement d’où vient ce bout d’inspiration
Vous avez fait deux infidélités à Canardo, en tant que dessinateur : Sanguine en 1988 et L’Homme qui n’écrivait plus en 1996. C’étaient des récréations ? Des envies d’essayer un autre style ? Oui, bien sur. C’est essentiel de s’offrir de nouvelles perspectives régulièrement. C’est après ces deux albums que j’ai commencé mon travail dans le jeu vidéo avec « Amerzone ». Aujourd’hui, j’ai des envies de cinéma. J’estime qu’il faut aller « là où va l’image ». 
Essayerez-vous d’autres « échappées » ? Oui. Je suis en train de travailler à un projet de long-métrage d’animation. J’ai envie de concevoir une série TV également.
Dans l’homme qui n’écrivait plus, l’un des personnages s’appelle Voralberg, comme dans Syberia et sa suite. Une volonté d’unir vos différents univers ? Non, plutôt un clin d’œil à mes lecteurs « transversaux ».
En 1996 vous vous lancez dans l’aventure du jeu vidéo, en adaptant « L’Amerzone », album éponyme de la série Canardo. Casterman vous soutient à fond, et trouve en Microïds le partenaire technique idéal. Parlez-nous de cette aventure… Vous l’avez en partie résumée dans votre question. J’ai abordé « Amerzone » avec énormément d’enthousiasme mais une assez piètre connaissance des enjeux spécifiques au jeu vidéo. J’ai démarré avec l’ambition de créer de très belles images en 3D, différentes du style que l’on rencontrait habituellement dans les jeux. J’ai dit à Casterman : « il y en a pour un an, et cela devrait coûter quelques centaines de milliers de francs ». Au final, j’y ai travaillé 3 ans, et le jeu a coûté 5 millions de francs. Un certain décalage… Mais le jeu a immédiatement été récompensé par de très bonnes ventes et un accueil très positif de la presse.

Comment en êtes-vous venu à faire des jeux vidéo ? Etes-vous vous-même joueur ? Quels sont vos jeux vidéos préférés, ancien ou plus récents ? J’ai eu un choc visuel en voyant « Myst » (et puis « Riven » . Franchement, je joue peu. Mes associés sont joueurs, les équipes de White Birds aussi, mes fils jouent. Mais moi, assez peu. Je regarde beaucoup de titres pour me faire une opinion graphique et aussi demeurer à jour dans cet univers qui évolue très vite, mais je consacre peu de temps au jeu lui-même.
En 2003 vous créez le studio White Birds Production, du nom d’étranges oiseaux que l’on peut voir dans L’Amerzone. Pourquoi avoir voulu monter votre propre structure ? Pour être plus libre. Et surtout pour pouvoir explorer tous les champs du possible. Quand vous travaillez pour le compte d’un éditeur de jeu, il ne voit que cette dimension dans votre travail, et ne sera pas ou faiblement intéressé par vos projets dans d’autres univers ou médias.
Que pensez-vous de la conjoncture actuelle de l’industrie vidéo ludique (coûts de production exorbitants rendant la vie difficile pour les petits studios, créativité et innovation de plus en plus rares&hellip De plus en plus difficile. Je veux croire que la créativité demeure un des ressorts essentiels, même si ce marché est dominé par des logiques de « sequels ». Une des clés de la réussite tient peut être à la diversification des supports : PC, consoles, « portables », Internet…
 Le jeu vidéo Paradise est la première production de votre studio. Une bande dessinée éponyme est sortie presque simultanément. Pourquoi ne pas en avoir assuré le dessin vous-même ? Parce que je voulais donner sa chance à Brice Bingono, qui est un jeune dessinateur talentueux. Le jeu me prenait déjà beaucoup de temps et d’énergie. Et puis je voulais voir ce qu’un autre regard sur un de mes scénarios donnerait.
4 albums sont prévus sur cette série. L’envie d’explorer à fond ce nouvel univers ? Le scénario l’autorise. Il est assez riche pour faire 4 albums. Ce découpage correspond aussi aux quatre « mondes » du jeu vidéo.
Vous y développez encore une fois une faune extravagante, ainsi qu’un environnement assez original… C’est votre marque de fabrique ? Dans le jeu, en tout cas, oui. C’est quelque chose que j’apprécie énormément : créer comme cela des espèces animales ou végétales imaginaires.
Vous avez un projet de jeu vidéo avec François Schuiten, intitulé Aquarica. Pouvez-vous nous en dire plus ? C’est d’abord un projet de long-métrage. Nous en parlons depuis longtemps François Schuiten et moi, et puis nous nous sommes mis au boulot et avons creusé cette idée de départ un peu folle de baleines géantes. Aquarica est une histoire de baleines géantes, si vastes qu’elles semblent des îlots tropicaux aux yeux des hommes. Elles ont une vie léthargique dans les mers chaudes et se dissimulent en recouvrant leur dos de terre et en y laissant pousser de la végétation. Mais une fois par siècle, elles entreprennent le voyage vers les mers glacées du grand Nord pour s’y reproduire.
Et parallèlement à tous ces projets, vous continuez à publier un Canardo par an ! Pas fatigué ? Ca dépend des jours Canardo, c’est mon vieux complice.

Avez-vous d’autres projets, en BD, jeu vidéo ou autre ? Toujours. A titre personnel, j’ai toujours de 5 à 10 idées qui me trottent dans la tête. Toutes ne deviennent pas des réalisations, mais j’y consacre toujours du temps. Et puis, de temps en temps, une s’impose davantage et se concrétise. Avec White Birds, nous avons près de 4 projets sur lesquels nous travaillons en ce moment.
Merci beaucoup Benoît Sokal ! De rien.
Bibliographie : Canardo : 16 tomes, Ed. Casterman Sanguine : 1 tome L’Homme qui n’écrivait plus : 1 tome Paradise (scénario) : 2 tomes.
Tous chez Casterman.
Ludographie : L’Amerzone, 1996, Microïds Syberia, 2002, Microïds Syberia 2, 2004, Microïds Paradise, 2006, Micro Application/White Birds Liens : Test de L'Amerzone Test de Syberia Test de Syberia 2 Test de Paradise Site White Birds Productions
Interview réalisée le 14/11/2006, par Spooky et Alix.
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Le Parfum
Aujourd'hui je vais vous parler de ce film, adapté d'un best-seller international écrit par Patrick Sûskind.  Le parfum raconte l'existence de Jean-Baptiste Grenouille, né à Paris en 1744. Né et aussitôt abandonné par sa mère dans un marché aux poissons, Grenouille va développer dès ses premières minutes de vie un don exceptionnel : il va pouvoir sentir toutes les odeurs, les disséquer, les classifier... Dès qu'il sera en âge de comprendre, il n'aura qu'un but, exploiter ce don pour découvrir le parfum ultime, celui de la beauté. Une beauté qu'il avait senti fugacement en croisant une marchande de pommes dans les rues de Paris. Marchande qu'il tuera accidentellement, avant d'avoir pu retenir son parfum sublime. Il va donc s'attacher à recueillir les senteurs de tout, absolument tout. Il se fera engager par un célèbre parfumeur, Baldini, afin de faire de nouvelles expériences. Le parfumeur l'enverra à Grasse pour parfaire sa science de l'enfleurage et de la parfumerie. Grasse ou Grenouille rencontrera son destin, en la personne de Laura, fille d'un riche propriétaire. Le parfum de Laura est celui qu'il lui manque pour réaliser le parfum ultime, celui de la beauté. Ce roman, assez court, avait la réputation d'être inadaptable à l'écran. Pas mal de cinéastes prestigieux ont tenté de s'y attacher, mais ont vite rendu les armes. Comment en effet retranscrire les senteurs, les parfums qui rythment la vie de Grenouille ? Et pourtant... L'un des plus gros romans du patrimoine allemand trouvera son adaptateur par... un allemand ! Tom Tykwer, réalisateur remarqué de Cours, Lola, cours !, Heaven et Les Rêveurs. Et même si le film se tournera en anglais (la plupart des acteurs étant de langue maternelle anglaise), il est à même d'apporter le recul suffisant pour adapter sobrement ce chef-d'oeuvre. Et le pari est presque gagné ! Sa reconstitution du Paris du XVIIIème siècle est sobre, réussie, sans ostentation. Son adaptation du bouquin est très respectueuse, même si certains passages (dont des longueurs, quand même) sont zappés. Son casting est de premier choix : Dustin Hoffman en parfumeur roublard, Alan Rickman en petit seigneur provincial, mais très actif pour faire arrêter le serial killer qui prive Grasse de ses jeunes beautés. Citons aussi les deux jeunes têtes d'affiche : Ben Whishaw (Layer Cake et bientôt Stoned en Keith Richards), et Rachel Hurd-Wood (une vraie découverte, qui explose l'écran avec son teint de porcelaine). Tous sont parfaits, avec une mention particulière pour Alan Rickman, acteur exceptionnel largement sous-employé. Belle musique, beaux cadrages, rien à dire sur le film en tant que tel.  MAIS... Car il y a un MAIS. Comme je l'ai dit, c'est un roman qui avait la réputation d'être inadaptable à l'écran. Et en quelque sorte, c'est vrai et se vérifie avec ce film. Car malgré la virtuosité de sa mise en scène, ses cadrages parfois très près du nez de Grenouille (prononcez "gwenouhi" , le media cinéma ne permet de solliciter que deux sens, la plupart du temps : l'ouïe et la vue. Or, "Le Parfum", malgré son origine écrite, sollicitait également l'odorat. Eh oui. Et pourtant, il n'y a rien de mieux qu'une salle de cinéma pour "goûter" sereinement les senteurs qui nous entourent. Certains films ont même été diffusés en "odorama" dans les années 80. Mais le procédé n'était pas très au point. Et JE VOUS JURE qu'à un moment particulier du film, avec Baldini, j'ai senti plusieurs odeurs très opportunes dans le salle autour de moi : vanille, rose... Ce n'étaient sans doute que les déodorants de mes voisines, mais hélas, c'est le mieux que l'on pourra espérer sur le plan odorant. Bien sûr une telle situation ne se représente pas si vous regardez le film à la télé chez vous... Une autre preuve de son inadaptabilité, le film se conclue sur deux scènes compliquées, incompréhensibles si l'on sort du contexte. La voix off présente sur le premier tiers du film nous aide à rester dans le contexte. Sa disparition par la suite déroute quelque peu le spectateur, qui assiste, un peu circonspect, à ces deux scènes (dont une de grande ampleur, réalisée avec pas mal de savoir-faire, mais vu que c'est casse-gueule, Tykwer se casse la gueule de toute façon). Et puis... Comme je l'ai dit, Ben Whishaw est un excellent acteur, mais il faut savoir que le personnage de Grenouille est laid, maigre comme un clou, difforme... Whishaw a un physique assez agréable, il aurait même un certain charisme. Et ce ne sont pas les quelques brûlures sur son cou qui changeront cette impression. Une volonté de s'allier les spectateurs pour la cause de Grenouille ? Sans doute. Mais les fans du livre trouveront sans doute cette orientation malvenue. En bref, "Le Parfum" est un film irréprochable sur tous les plans artistiques, il pêche de toute façon là où il devait pêcher, avec une dernière demie-heure qui en déroutera plus d'un. Un conseil, lisez le bouquin avant de louer le DVD...
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Interview de Fuat Erkol, Christian Simon et Guillaume Poux
Fuat Erkol est venu nous présenter le tome 1 de Lenny Valentino sur le forum de BDThèque. Quelques échanges de mails plus loin, voici un entretien avec la sympathique équipe qui réalise la série. Fuat, Christian et Guillaume, pouvez-vous vous présenter ?? Guillaume Poux : Je m’appelle Guillaume Poux, j’ai 26 ans. Je suis le dessinateur de Lenny Valentino. Je vis en région parisienne… Fuat Erkol : J’ai 35 ans depuis peu. Il ne me reste donc plus que 5 ans avant la crise de la quarantaine ! (rires) Je vis à Liège en Belgique et je suis un des deux scénaristes de Lenny Valentino. Christian Simon : J’ai 33 ans, je vis aussi à Liège, en Belgique et je suis l’autre scénariste de Lenny Valentino. Quels sont vos parcours ? G.P. : En juin 2004, je suis sorti diplômé de l’école Emile Cohl à Lyon, une école d’art spécialisée dans l’illustration, la BD… Depuis, je travaille pour différents éditeurs ou magazines, en illustration (Albin Michel Jeunesse, Sciences et Vie Junior… et en BD (Bamboo). Lenny Valentino est mon premier album. F. E : J’ai fait des études de cinéma en Communication à l’université de Liège. C’est là que j’ai rencontré mon compère Christian. Passionné de BD depuis toujours, je l’ai poussé à lire autre chose que Bob et Bobette et Gaston Lagaffe. Ce ne fut pas chose facile (rires). Par la suite, après une collaboration sur un scénario de court-métrage dans le cadre d’un atelier de scénario, je lui ai proposé d’écrire des scénarii de BD. J’ai tout de suite vu des dollars dans ses yeux et il a accepté (rires). Et 4 – 5 ans plus tard, après moult déconvenues, nous avons signé notre premier album chez Albin Michel : La marque du démon. Lenny Valentino est notre deuxième série à voir le jour. C. S. : Je suis licencié en Communication de l’université de Liège, section cinéma. À l’époque, j’avais envie de devenir réalisateur de films. Mais comme la Belgique n’est pas très réputée pour ses films de SF, de Fantastique et de Fantasy à gros budgets… j’ai rapidement abandonné cette idée. Mon envie de raconter des histoires étant quand même la plus forte, je me suis tourné vers d’autres moyens d’expression : l’écriture de nouvelles (quelques-unes ont été publiées dont une dans le Lanfeust mag), de livres pour enfants, de romans et… de BD ! Merci Fuat ! Mais ça faisait longtemps que je ne lisais plus Bob et Bobette, tu sais, j’étais passé à Druuna ! (rires) Pour le reste, Fuat l’a dit, nous avons accouché de La Marque du Démon puis de Lenny Valentino… et on espère fonder une grande famille car nous avons en réserve pas mal de scénarii qui ne demandent qu’à voir le jour. La série La Marque du Démon n’a pas connu de second album. Que s’est-il passé ? F. E. et C. S. : Le tome 2, qui clôturait l’histoire, était entièrement terminé. Albin Michel avait réalisé la photogravure de l’album, programmé la date de sortie… mais peu avant la parution, nous avons appris que l’album ne sortirait pas. L’éditeur nous a avoué que la mise en place du premier tome avait été trop faible et que les ventes s’en étaient évidemment ressenties. Aujourd’hui, on se rend compte que La Marque du démon n’a pas été la seule BD « réaliste » de leur catalogue à être passée à la trappe. Albin Michel a arrêté pas mal d’autres séries en cours de route… Pouvez-vous nous présenter Lenny Valentino ? G.P. : C’est une histoire de gangsters. Visuellement dans la plus pure tradition des histoires de gangsters, mais scénaristiquement, je crois qu’il y a quelque chose en plus. Les personnages sont assez fouillés et ont un passé qui va influer sur l’histoire présente. De ce côté-là, on a quelque chose de moins manichéen qu’une histoire de gangsters classique où policiers et malfaiteurs s’affrontent à coup de mitrailleuses… C’est ce qui fait l’originalité de Lenny, je crois… F. E. et C. S. : C’est une série qui se déroule à la fin des années 20 aux USA. C’est une époque qui nous plaît beaucoup et qui nous a permis de mêler les genres que nous aimons comme le film noir, le western, les films de gangsters… Nous avons une vision très cinématographique de cette époque, une vision assez romantique qui se retrouve un peu dans nos personnages. Comme le dit Guillaume, nous avons essayé d’insuffler de l’originalité dans un cadre classique et balisé, en nous attardant sur les personnages et leurs interactions, notamment grâce à un passé tragique commun qui lie certains des personnages. On y trouve pas mal de thèmes : la dépression, la prohibition, la mafia, le KKK… c’est une véritable plongée dans les Etats-Unis des années folles. Vous avez dû pas mal vous documenter, non ? G.P. : Visuellement, cette époque nécessite beaucoup de documentation. Il a fallu chercher des photos du Chicago de l’époque, des photos des voitures, avions, side-cars présents dans l’album. Le travail de documentation est vraiment une partie importante pour ce genre d’histoire, il faut être le plus juste possible, pour que le lecteur soit réellement immergé dans l’album. Les années 20-30 aux USA colportent beaucoup de clichés : les vieilles voitures, les mitrailleuses Thompson, les costumes bien coupés… Il faut faire attention à ce que tout ce « folklore visuel » soit respecté le plus possible, c’est ce que le lecteur attend d’une histoire de gangsters… Heureusement, il y a Internet, qui permet de trouver toute la doc assez facilement et rapidement, ça simplifie beaucoup le travail de documentation. F. E et C. S. : Si la documentation est essentielle pour le dessinateur, elle l’est aussi pour les scénaristes. Lorsqu’on prend un cadre réaliste et historique, on ne peut pas se permettre de faire n’importe quoi. Les films mais surtout Internet nous ont été d’un grand secours. Par exemple, dans le tome 2 nous avions envie d’utiliser un fusil longue portée… mais y en avait-il à cette époque et si oui, comment se présentait-il ? Suspense, vous le saurez dans le tome 2 (rires). Comment vous répartissez-vous le scénario ? F. E et C. S. : Il n’y a pas vraiment de répartition, nous travaillons souvent toutes les étapes ensemble : brainstorming, synopsis, séquencier, découpage… L’idée de départ vient de l’un ou de l’autre, puis on développe jusqu’à ce qu’on soit tous les deux satisfaits à 100 % du résultat. Il y a parfois quelques désaccords, quelques divergences de point de vue sur certains aspects du scénario mais après discussions, nous arrivons toujours à les dépasser. Et souvent, le résultat final est meilleur que ce que l’un ou l’autre avait proposé au départ. C’est là un des avantages de travailler à deux car on a toujours deux points de vue sur notre travail. C’est plus enrichissant. Et puis, lorsqu’on nous fait des critiques sur le scénario, on peut toujours rejeter la faute sur l’autre, c’est pratique (rires). Comment avez-vous rencontré Guillaume Poux, votre dessinateur ? F. E et C. S. : Nous avons découvert le travail de Guillaume sur le site de bdparadisio où il avait exposé quelques planches dans la rubrique « coup de pouce aux jeunes auteurs ». Nous avons d’emblée été conquis par son style et son sens du découpage. Nous lui avons donc proposé un projet qui collait bien à son dessin : Lenny Valentino. Anecdote amusante : du montage du dossier jusqu’à la réalisation complète de l’album, tout s’est fait uniquement par Internet ! Nous ne nous sommes réellement rencontrés de visu qu’après la sortie de l’album, lors d’une présentation à la presse. On a l’impression que le dessin de Guillaume évolue au fil de l’album… En combien de temps a-t-il été réalisé ? G.P. : Entre les premières recherches de personnages et le bouclage de l’album, il s’est écoulé deux ans. J’ai eu le temps de pas mal évoluer, en effet. Mes travaux en illustration à côté de la BD m’ont également permis d’expérimenter quelques trucs que j’ai ensuite placé dans ma manière de dessiner l’album. De plus, je ne pense pas avoir encore trouvé mon style définitif, certaines planches sont encore « hésitantes », avec le recul. Reste à savoir si l’évolution est positive… ?? J’espère. L’important, c’est qu’il y ait du progrès, il faut continuer à avancer, chercher, sinon, on s’ennuie… ! La série semble prévue en cycles de 2 tomes. Pourquoi ce choix narratif ? F. E et C. S. : La ligne éditoriale de la collection Grand Angle est de faire des cycles courts de deux ou trois tomes. Les lecteurs préfèrent avoir le fin mot de l’histoire rapidement plutôt que de devoir attendre dix volumes. Les cycles courts sont aussi une garantie pour les auteurs d’avoir l’occasion de mener leur histoire jusqu’au bout même si la série n’est pas un grand succès. Aujourd’hui, il est en effet difficile pour des jeunes auteurs et des nouvelles séries de s’imposer sur le marché très encombré de la BD. Mais c’est aussi un choix personnel, tous nos projets tournent autour de deux à quatre tomes, avec éventuellement une ouverture sur d’autres cycles en fonction de nos envies et de l’accueil du public. Dans cette série, Lenny n’est, au final, qu’un personnage parmi d’autres. Stump et Rudy Boy jouent aussi un rôle plutôt important… G.P. : Finalement, chaque personnage est le rouage d’une histoire qui se met en place implacablement. Après, certains personnages sont de plus ou moins gros rouages, mais chacun a son rôle dans l’histoire qui se déroule… Tous les personnages sont liés entre eux. F. E et C. S. : Lenny Valentino est le personnage central de série, c’est lui qui fait le lien avec tous les autres personnages. Il n’est toutefois pas le seul à tenir le haut de l’affiche. Stump, Kowalski, Rudy Boy, le Don et Magdalena ont autant d’importance que lui dans ce premier cycle. Nous voulions que chaque personnage apparaissant dans l’album soit bien construit, bien campé et participe à l’histoire. Il y a pas mal d’éléments intéressants dans cet album. Le personnage de Rudy, l’ellipse narrative entre Lenny, Kowalski et Stump, le cliffhanger à la fin du tome 1… Que nous réserve le tome 2 ? F. E et C. S. : Les réponses aux questions soulevées dans le tome 1, ainsi que quelques surprises. Comme le laisse présager la fin du tome 1, le tome 2 sera plus sombre et plus dramatique. Nous n’en dirons pas plus !? Quels sont les auteurs que vous admirez ? Qui vous inspirent ? G.P. : Mon premier choc en BD c’est la découverte du travail de Moebius, qui m’a vraiment donné envie de faire de la BD. Ensuite, j’ai découvert des artistes comme Olivier Vatine (un autre choc !), Claire Wendling, Mathieu Lauffray, et plus récemment Kyle Baker, Jordi Bernet, Mike Mignola, Frederik Peeters, Jamie Hewlett, Carlos Meglia, Guy Davis, Hiraoki Samura… J’en oublie sûrement… Ce sont des sources d’inspiration intarissables, chacun de ces artistes a eu ou a encore une influence sur mon style… F. E : Adolescent, j’étais passionné par les aventures de Chevalier Ardent de François Craenhals. Je garde toujours un certain attachement pour cette série qui m’a ramené à la BD. Sinon, ma plus grande claque, c’est Alan Moore qui me l’a administrée avec son V pour Vendetta. J’aime aussi, en vrac : Makyo, Jodorowski, Charlier, Rossi, Gibrat, Loisel, Lauffray, Franz, Hermann, Rosinski, Marini, Riff Reb’s, Severin, Cothias, Yann, Dufaux, Brunschwig, Bonhomme, Van Hamme, Giroud, Michetz, Juillard… De là à parler d’inspiration, c’est difficile à dire. L’inspiration vient de partout (cinéma, littérature, faits divers, le quotidien… . C. S. : En BD, je citerais Loisel, Marini, Dufaux, Rosinski, Van Hamme, Jodorowski, … Mais c’est le roman Hypérion de Dan Simmons qui fut mon plus grand choc car c’est lui qui m’a donné l’envie d’écrire. Les littératures de l’imaginaire tiennent une place importante dans ma vie et j’aime des auteurs comme Tolkien et son Seigneur des Anneaux, Arthur C Clarke, Philip K Dick, Ray Bradbury, Terry Pratchett, Kim Stanley Robinson, Lucius Shepard… En cinéma, j’adore Sergio Leone, John Woo, Peter Jackson, James Cameron, Steven Spielberg, Clint Eastwood, Ridley Scott, Alex Proyas, Mel Gibson… Mais comme Fuat, je dirais que l’inspiration vient de partout, qu’il suffit d’être à l’écoute. Quels sont vos projets ? G.P. : En ce moment, je travaille donc sur le deuxième tome de Lenny, qui devrait sortir en septembre 2007 si tout va bien. Et j’ai deux projets qui en sont encore à l’état embryonnaire… Un western, et une autre histoire, avec un scénariste assez connu, qui promet d’être assez fun ! F. E : Le tome 2 de Lenny Valentino et le premier tome de Awrah, un récit plus intimiste situé au 9ème siècle en Arabie. Cet album, dessiné par une talentueuse jeune dessinatrice brésilienne, paraîtra chez Daniel Maghen début 2008. Nous avons, avec Christian, d’autres projets sur le feu, ainsi que d’autres idées de séries que nous allons développer. C. S. : J’ai plein de projets, un peu trop même pour tout concilier. En BD, c’est la même chose que Fuat puisqu’on bosse toujours ensemble dans ce domaine. Nous bossons également ensemble sur des scénarii de dessins animés et des livres pour enfants. En parallèle, j’ai un recueil de nouvelles en préparation ; plusieurs romans en cours, certains en solo et d’autres en co-écriture et je suis en train d’adapter une de mes nouvelles en scénario pour un court-métrage. Si vous voulez plus d’infos sur mes projets et ceux de Fuat, allez jeter un œil sur mon site www.azaram.be ! Dans quelques temps, j’y laisserai certainement traîner une planche du deuxième tome de Lenny Valentino :-) Fuat, en parallèle à tes scenarii de BD, tu mènes une carrière d’acteur amateur… Comment concilies-tu les deux ? F. E : Houlà, « carrière » est un bien grand mot. J’ai une formation de comédien de théâtre. J’ai joué dans quelques pièces et fait quelques figurations au cinéma. Je n’ai jamais eu de difficulté à concilier cette activité avec la BD. Je prenais cela comme une récréation. Aujourd’hui, j’ai mis cette activité en « stand by ». L’envie est un peu moins forte qu’il y a deux ans. Cela étant dit, si Spielberg ou James Cameron me contactent pour leur prochain film, j’étudierai attentivement leurs propositions ! (rires) Fuat, Christian et Guillaume, merci. G.P., F. E. et C. S. : Merci à vous ! Interview réalisée le 26/10/2006.
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