
Harry Potter et l’ordre du Phénix
Au seuil de sa cinquième année à l’Ecole des sorciers, Harry se pose beaucoup de questions. En effet l’été a été très long, d’autant plus que ses amis Ron et Hermione n’ont donné aucun signe de vie. Et puis, au cours d’une de ses fréquentes disputes avec son cousin Dudley, harry est agressé par deux Détraqueurs, ces effrayantes créatures mangeuses d’âmes. Pour se défendre et défendre son cousin, Harry est obligé d’utiliser la magie, ce qui lui vaut d’être jugé par le tribunal des sorciers, puis acquitté grâce à l’intervention de Dumbledore, le directeur de l’Ecole. Mais le grand péril vient de Poudlard ; en effet Dolorès Ombrage, fonctionnaire du Ministère de la magie, est nommée parmi les enseignants. Elle n’aura de cesse de « casser » l’objectif pédagogique, et de pousser Albus Dumbledore vers la sortie.

Dans ce nouveau film adapté des romans de JK Rowling, de nombreux nouveaux personnages apparaissent. Mme Ombrage donc, mais aussi Luna Lovegood, une élève jusqu’alors laissée dans l’ombre, ou encore Graup, le frère d’Hagrid. Le roman original est très riche, et comme d’habitude le scénariste et le réalisateur sont obligés d’opérer des coupes sombres. Ici David Yates (réalisateur de plusieurs séries et téléfilms à la télévision britannique) et Michael Goldenberg succèdent à Mike Newell et Steve Kloves, qui avaient fait de l’excellent travail sur Harry Potter et la Coupe de feu, un film d’une ampleur et d’une force toujours inégalées sur la série. Je dis toujours inégalées parce que cet Harry Potter et l’Ordre du Phénix est quand même un peu décevant.

Comme je l’ai dit, une partie du bouquin est laissée de côté. Exit donc le tournoi annuel de Quidditch, par exemple. Quid par exemple de l’ordre du phénix du titre ? Pourquoi ne pas avoir plus développé le personnage de Luna, celui de Fudge ? Mais en plus de ça le montage est ultra-serré, ce qui nous vaut des « sauts » un peu abrupts entre la plupart des scènes, même si le métrage fait tout de même 2h20. et pour couronner le tout, la direction d’acteurs laisse à désirer. Alors que des vieux briscards comme Michael Gambon (Dumbledore), Alan Rickman (Rogue), Gary Oldman (Black) ou encore Ralph Fiennes (Voldemort) assurent, les jeunes acteurs semblent faire du surplace alors que les précédents volets les avaient vus faire de gros progrès. A la limite, c’est la nouvelle venue Evanna Lynch (Luna Lovegood) qui se montre intéressante dans son rôle d’apprentie sorcière un chouia timbrée. Vous allez dire que je chipote, parce que l’ensemble du film est tout de même de haute tenue. La magie opère dans les grands moments (l’arrivée à Poudlard, le banquet de rentrée&hellip
et l’histoire comporte à la fin une scène de bataille entre sorciers plutôt bien menée. Les effets spéciaux sont impeccables, les costumes et la musique aussi…

Les seuls défauts viendraient donc de la narration et de la direction d’acteurs. Ce qui ne place pas le sixième épisode sous les meilleurs auspices, puisque David Yates est annoncé comme rempilant à la mise en scène, avec Naomi Watts dans le rôle de la mère de Draco Malefoy.